Il y avait une fois un roi qui possédait une tour sur une colline. Il fit savoir qu'il avait besoin d'un gardien pour la surveiller le temps de son absence. « Quiconque aura à la défendre, dit-il, aura une récompense magnifique. » Un jeune homme vaillant, robuste et courageux, se présenta. « Tu as une cuirasse, dit le roi, un casque, une épée, une lance. Seulement, prends garde à ta mission : personne ne doit entrer dans la tour. Si tu la gardes durant tout l'hiver, ta fortune sera faite ! »
Assuré de son succès, le jeune homme endossa son équipement et partit pour la colline. Du haut des créneaux, il observait l'horizon. De temps en temps, des visiteurs s'approchaient et lui demandaient s'ils pouvaient monter dans la tour pour admirer le paysage. A chaque fois, il répondait que cela était impossible, et il refusait même à ceux qui lui proposaient de l'argent pour monter. Quelquefois, il devait même les menacer de sa lance afin qu'ils arrêtent d'insister. Le gardien pensa que ce travail n'était pas difficile et qu'il recevrait la récompense sans trop de problème. Mais le temps lui paraissait bien long du haut de sa tour et le roi tardait à revenir.
Un soir, vers cinq heures, le jeune gardien entendit un petit grattement et une petite voix murmurer :
- Est-il permis de monter dans la tour ?
- Non, personne ne peut monter !
- Je ne suis pas une personne !
- Qui donc es-tu ?
- Juste un petit lézard.
- Je suis désolé, la porte doit rester fermée !
- Tu n'as pas à l'ouvrir. Il suffit de l'entrebâiller. D'ailleurs, je ne resterai pas longtemps : 10 minutes...
Le jeune homme pensa : « Un lézard n'est pas une personne ! Entrebâiller la porte, ce n'est pas l'ouvrir, et puis dix minutes, ce n'est pas long ! » Il lui dit alors de monter. Dès qu'il eut pénétré dans la tour, le petit lézard, qui parlait fort bien, charma son hôte par une conversation passionnante. Quand il partit, le gardien lui dit :
- Tu pars déjà !
- Eh oui, les dix minutes sont passées.
« Il était bien gentil ce lézard ! » songeait le jeune homme alors que l'animal disparaissait. Le lendemain, à la même heure, vers 5 heures du soir, comme la nuit commençait à tomber, un petit grattement se fit entendre. Le lézard était de nouveau là et demandait s'il pouvait monter :
- Je ne resterai pas longtemps, un quart d'heure seulement.
Il s'installa près du foyer, puis au moment fixé, disparut. Le troisième jour à la même heure, notre ami était de nouveau là : « Puis-je monter ? Je ne resterai pas longtemps... une demi-heure ! » La demi-heure s'envola comme dans un rêve. Lorsqu'elle fut achevée, le lézard murmura : « Ce soir, il fait froid ! Il vente ! Il neige ! Ne me permets-tu pas de passer la nuit avec toi ? Je me blottirai dans les pierres du foyer et je partirai demain matin ? »
Avec un peu d'hésitation, le jeune homme accepta. La conversation fort intéressante se poursuivit jusqu'à minuit. Puis le jeune gardien alla prendre son repos. Mais cette nuit-là, il ne put dormir correctement. Le lendemain au réveil, il pensa : « C'est ce petit lézard qui est la cause de mon trouble ! Je vais le chasser. » Il se leva donc pour le chasser, mais découvrit que l'animal avait grandi pendant la nuit. Il mesurait maintenant plus d'un mètre de long.
Le jeune homme songea alors à le tuer, mais il se rendit compte qu'il avait laissé ses armes près de la cheminée. Quand il voulut s'en emparer, le monstre bondit sur lui, prêt à le dévorer. Il se dit alors : « Je vais laisser la porte grande ouverte, ainsi, le monstre sortira sûrement. » Dépourvu de ses armes, le gardien descendit de la tour. Il laissa la porte ouverte, et sortit. Alors qu'il tournait en rond en attendant que le monstre sorte, il vit le roi qui rentrait.
- Que fais-tu là ? C'est ainsi que tu gardes la tour ?
- Il m'est arrivé un malheur !
- Ah ! Tu as laissé entrer quelqu'un dans la tour !
- Oh ! Ce n'était pas quelqu'un.
- Comment ?
- Un petit lézard et maintenant ... il y a un monstre dans la tour.
Comme ils s'approchaient du donjon, la tête du lézard apparut entre les créneaux. Le corps de l'animal remplissait l'escalier et sa queue sortait par la porte. Il grandissait de plus en plus et prenait maintenant la forme d'un dragon.
« C'est ainsi que tu as gardé la tour ? » demanda le roi. Le jeune homme était consterné et ne savait quoi dire. Alors le roi sortit son épée et se dirigea vers la tour. Sa puissance dépassait de loin celle du gardien. Avec son arme, il transperça le monstre qui poussa un grand cri, puis il demanda à ses serviteurs de nettoyer la tour. Il se tourna ensuite avec tristesse vers le jeune gardien et lui dit : « pourquoi ne m'as-tu pas écouté ? Tu aurais pu recevoir une grande récompense... »
Tu connais cette expression ? Cela veut dire « y'a pas de problème ». Mais dans cette histoire, il y en a justement un. Et c'est le lézard qui est le lézard problème. Cette histoire nous parle de plusieurs choses. Nous sommes les gardiens de notre vie. Dieu nous donne de gérer comme nous le désirons notre vie et notre cœur mais il nous met aussi en garde, « Car là où est votre trésor, là aussi sera votre coeur. » (Luc 12:34)
Le lézard, c'est le péché qui nous séduit et nous amadoue. Oh, au tout début, il est discret. Il n'y a pas de problème s'il vient 10 minutes, 10 toutes petites minutes... Ensuite, comme promis, il s'en va et personne ne le saura. Ah ! et au passage, la porte de notre cœur, on ne l'a pas vraiment ouverte. C'est pas comme si on avait désobéi.
Mais... comme le dit le verset de Luc 12, il nous faut veiller à ce qui sera le trésor de notre cœur. Le lézard, il sait parler, il sait convaincre et nous faire miroiter de belles choses pour nous attirer et nous donner envie de le retrouver. On se laisse vite prendre au jeu, et une fois habitués, nous ouvrons notre cœur à son mensonge. Alors avant même que nous ne le réalisions, il aura pris des proportions incontrôlables.
Et pour finir, le roi arrivera. Jésus nous demandera des explications. « Je t'avais demandé de prendre soin de ta vie, et tu as ouvert la porte de ton cœur au péché ! » C'est cela qu'il dira. Et la récompense ? Le gardien la mérite-t-il ? Il n'a pas respecté les ordonnances de son roi. Ces récompenses sont celles à venir, celles que Dieu nous réserve et que nous recevrons au retour de Jésus. Pour illustrer cela, je vous cite 1 Corinthiens 3:13-15 :
« Mais le jour du jugement montrera clairement la qualité de l'œuvre de chacun et la rendra évidente. En effet, ce jour sera comme un feu qui éprouvera l'œuvre de chacun pour en révéler la nature. Si la construction édifiée sur le fondement résiste à l'épreuve, son auteur recevra son salaire; mais si elle est consumée, il en subira les conséquences. Lui, personnellement, sera sauvé, mais tout juste, comme un homme qui réussit à échapper au feu. »
Dieu nous demande de veiller sur notre vie et sur notre cœur. Si nous le faisons et que nous résistons au péché, nous recevrons une récompense. Alors pour ne pas laisser de lézard s'infiltrer dans notre tour, le commandement est le suivant : « Soumettez-vous donc à Dieu, résistez au diable, et il fuira loin de vous. » (Jacques 4:7)
Et si par malheur nous avons laissé le lézard entrer et qu'il s'est transformé en monstre que nous ne pouvons plus chasser, il nous faut nous repentir et demander à Jésus de combattre pour nous. « L'Eternel combattra pour vous, et vous, tenez-vous tranquilles. » (Exode 14:14) Il est celui qui est mort pour nos péchés. C'est de là qu'il tient sa puissance sur le dragon. La mort n'a pas pu le retenir, c'est pour cela qu'il peut combattre à notre place.
Si nous avons failli à notre tâche de gardien, il nous faut tout simplement nous repentir. Dieu ne nous renie pas, et il ne nous enlèvera jamais le salut qu'il nous promet.
« Tous ceux que le Père me donne viendront à moi, et je ne repousserai pas celui qui vient à moi. » (Jean 6 :37)
Olivier
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