Les évangéliques, qui sont-ils ?


"Evangéliques" ou "protestants évangéliques" ?

Les racines des évangéliques remontent au début du protestantisme, au XVIè siècle. Ils partagent encore aujourd’hui les valeurs fondamentales des réformateurs (Martin Luther, Jean Calvin...). De plus, ils se reconnaissent volontiers dans la branche de la Réforme qui a revendiqué dès l’origine la séparation des Eglises et de l’Etat et a plaidé pour des assemblées autonomes composées de convertis.

Il convient donc de désigner les évangéliques en France par l’expression plus complète de "protestants évangéliques". Celle-ci tient compte du passé tout en permettant de les distinguer des Eglises protestantes dites historiques comme les églises réformées ou luthériennes. Cette distinction est d’ailleurs établie par le Groupe de Sociologie des Religions et de la Laïcité du CNRS.


La foi évangélique

Celle-ci se résume en trois points, partagés par l’ensemble des protestants évangéliques :

* La normalité de la Bible. Elle est la référence de la foi évangélique. Elle est considérée normative à la fois sur le plan théologique et pratique.

* L’importance d’une conversion personnelle. On ne naît pas évangélique, on le devient par choix personnel et engagement individuel. C’est ce qui explique l’importance accordée au baptême d’adulte. Celui-ci est l’expression publique d’une foi vécue et assumée, à l’opposé d’une simple tradition.

* L’universalité du message de l’Evangile et l’importance, pour les chrétiens évangéliques, de le faire connaître autour d’eux dans le respect de la liberté individuelle.


Les évangéliques sont-ils d’origine américaine ?

Considérer les évangéliques comme un mouvement américain colonisant le monde est partial et inexact. L’Histoire confirme l’émergence du mouvement évangélique sur le continent européen, en Suisse, en Allemagne, en France, aux Pays-Bas, en Angleterre avant même la naissance des Etats-Unis. D’ailleurs de nombreux évangéliques ont émigré en Amérique au XVIIe et XVIIIe siècle à cause du manque de liberté religieuse qui sévissait en Europe et singulièrement en France.

Reste qu’un certain nombre d’églises évangéliques en France, comme dans d’autres parties du monde, ont été fondées avec le concours de missionnaires américains, essentiellement à partir de la Seconde Guerre mondiale.

Les évangéliques français ne dépendent d’aucune instance dirigeante située ailleurs dans le monde. S’ils entretiennent des relations internationales et favorisent des partenariats, ils le font par fraternité chrétienne tout en veillant à leur indépendance typiquement protestante.


Les évangéliques sont-ils une secte ?

Le rapport parlementaire sur les sectes, bien conscient de la difficulté de définition, propose trois sens possibles du mot secte : étymologique, sociologique, dangerosité.

Selon ces critères, le protestantisme évangélique n’est pas concerné par cette question. Cependant, aucun groupement humain n’est à l’abri de dérives sectaires.

Autres différences avec les sectes, les évangéliques possèdent deux atouts sociaux propres à les éloigner d’un fonctionnement sectaire :

* Dans la ligne de la tradition protestante, les évangéliques accordent une place prépondérante au choix individuel. Cette attitude les tient a priori à l’écart des logiques "d’embrigadement" ou de "lavage de cerveau".

* Les évangéliques sont très attachés au principe démocratique. Leurs églises fonctionnent généralement de manière autonome (ce qu’on appelle le congrégationalisme). En principe, le pasteur ou le responsable est élu par les membres de l’église et les décisions soumises au vote des fidèles. Ce fonctionnement est à l’opposé de la domination d’un groupe par un gourou.


« Les born again christians sont une horrible secte ! »

Cette remarque témoigne d’une ignorance regrettable. "Born again christian" signifie littéralement "chrétien né de nouveau". Plutôt que de conserver cette expression en anglais, et de donner ainsi l’impression d’une opacité sectaire, il convient simplement de la traduire. En effet, elle est directement importée... de la bouche même de Jésus dans l’évangile ! « Jésus lui répond [à Nicodème, chef religieux juif] : Je te le dis, c’est la vérité, personne ne peut voir le Royaume de Dieu, s’il ne naît pas de nouveau ». (Jean 3)

La nouvelle naissance est l’expérience spirituelle par laquelle quelqu’un place sa confiance en Dieu le Créateur et choisit de prendre au sérieux et d’appliquer dans sa vie personnelle l’enseignement du Christ. C’est ainsi que l’on devient chrétien... évangélique. Plutôt que d’une dérive sectaire, il s’agit d’un véritable retour aux sources chrétiennes.


Eclatés dans une myriade de dénominations

Les Français sont habitués à la structure pyramidale et monolithique du catholicisme. Par comparaison, chez les évangéliques, l’absence d’une hiérarchie affirmée, d’un clergé ou d’une structure unique surprend et parfois déroute.

Les évangéliques peuvent être considérés comme une famille dans laquelle l’essentiel du patrimoine génétique est commun à tous les membres qui la composent. Seuls quelques chromosomes diffèrent et vont donner naissance à des personnalités distinctes et uniques. Les évangéliques ont l’essentiel en commun. L’histoire, la compréhension variée de certains aspects théologiques et ecclésiaux secondaires, expliquent que les croyants se regroupent en diverses dénominations : baptistes, méthodistes, pentecôtistes, fréres...


Source : Extrait du lexique sur les évangéliques de la FEF
http://www.lafef.com


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